La Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) a annoncé qu’elle ne participera pas à la deuxième session du Cadre permanent de concertation (CPC), prévue du 1er au 3 juillet 2026. S’appuyant notamment sur la récente décision de la Cour de justice de la CEDEAO relative au changement de Constitution, la coalition estime que le pays traverse une crise institutionnelle majeure et plaide pour l’ouverture d’une transition politique inclusive afin de restaurer la légalité constitutionnelle.
COMMUNIQUÉ DE LA CONFÉRENCE DES PRÉSIDENTS
La DMP dit non au CPC et appelle à une transition inclusive pour restaurer la légalité constitutionnelle
Deux membres de la Conférence des Présidents de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) et Démocrates socialistes africains (DSA) ont reçu par une lettre n°1027/MATGLAC-SG-DLPAP-DAPA du 25 juin 2026, une invitation à participer aux travaux de la deuxième session du Cadre Permanent de Concertation (CPC) prévus pour les : 1er, 2 et 3 juillet 2026.
Après examen de ladite invitation et de l’ordre du jour proposé, la DMP informe l’opinion nationale et internationale qu’elle ne peut donner une suite favorable à cette convocation. En effet, la DMP rappelle que, bien avant la promulgation de la Constitution de la Ve République, ses composantes avaient officiellement demandé que le CPC inscrive à son ordre du jour la question du changement de Constitution, compte tenu de sa gravité pour l’avenir institutionnel, démocratique et politique de notre pays. Le gouvernement s’y était opposé, refusant tout débat sur un sujet pourtant essentiel pour la stabilité nationale, la légitimité des institutions et l’avenir de la République.
Aujourd’hui, les faits donnent raison à la DMP. La récente décision de la Cour de Justice de la CEDEAO, s’appuyant notamment sur les principes consacrés par la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de l’Union africaine, a jugé que le processus ayant conduit au remplacement de la Constitution togolaise est anticonstitutionnel et contraire aux engagements internationaux du Togo.
Cette décision conforte juridiquement les inquiétudes exprimées par la DMP depuis le début de ce coup d’État institutionnel perpétré par une Assemblée nationale en fin de mandat. Elle confirme que la crise actuelle n’est pas une simple divergence politique, mais une crise institutionnelle profonde, née d’un changement constitutionnel imposé en violation des principes démocratiques fondamentaux.
Dans ces conditions, il est totalement surréaliste, et même irresponsable, que le CPC soit convoqué et consacre ses travaux à un ordre du jour aussi éloigné des préoccupations fondamentales des Togolaises et des Togolais. La priorité nationale n’est plus d’examiner des comptes rendus, des recommandations techniques ou des points divers. La priorité nationale est de trouver une issue politique à la crise institutionnelle née de ce changement anticonstitutionnel de Constitution.
Le peuple du Togo attend aujourd’hui l’ouverture d’une transition politique véritablement inclusive, seule capable de refonder les institutions de la République, de restaurer la légalité constitutionnelle et de rétablir la confiance entre les acteurs politiques, les institutions et les citoyens.
La DMP rappelle, par ailleurs, qu’elle avait déjà notifié dans son communiqué en date du 6 juillet 2025, son retrait du CPC et avait motivé sa décision sur ces points qui demeurent toujours d’actualités : la libération immédiate de tous les prisonniers politiques ; le rejet de la Ve République imposée illégalement par la force ; le départ de monsieur Faure Gnassingbé du pouvoir et la fin de son régime ; l’amélioration urgente du pouvoir d’achat face à la vie chère ; l’aboutissement judiciaire de l’enquête sur l’agression des participants à la rencontre citoyenne avec le député sénégalais Guy Marius Sagna. Ils sont aujourd’hui renforcés par la décision de la Cour de Justice de la CEDEAO.
La DMP constate que le CPC, loin d’être un véritable espace de dialogue politique, est une chambre d’enregistrement, incapable de prendre en compte les préoccupations essentielles de l’opposition, de la société civile et du peuple togolais. Elle refuse donc de servir de caution à une concertation vidée de son sens, pendant que le pays traverse une crise politique majeure.
On ne soigne pas une crise institutionnelle avec un ordre du jour administratif.
Le Togo ne veut plus d’un simulacre de dialogue. Il veut une transition inclusive et refondatrice.
Fait à Lomé, le 29 juin 2026
La Conférence des Présidents de la DMP



